La communication de la science
Communiquer la science vers (avec) le public est évidemment essentiel et encore trop peu valorisé par la communauté scientifique. Néanmoins, j'aime attirer l'attention sur les quelques points suivants :
N'attendez pas des miracles de la communication publique ! Un coup d’œil du côté de la littérature scientifique souffle le chaud et le froid. La différence est énorme entre, d’une part, les attentes et les dépenses dans le domaine de l’information et de la communication et, d’autre part, les pratiques et les succès obtenus sur le terrain !
L’opposition à certaines technologies ne résulte pas que d’une méconnaissance des notions scientifiques sous-jacentes, comme le prétendent la plupart des chercheurs. Nos concitoyens comprennent mieux les choses de la science qu’on le dit ; il y a simplement sur le marché et dans les laboratoires des techniques et des produits qu’ils ne veulent pas voir s’immiscer dans leur vie et s’incruster dans leur foyer. Ils n’en voient ni l’intérêt ni l’utilité. A tort ou à raison. L’erreur des scientifiques et des industriels a été de n’avoir pas toujours respecté cette opinion souveraine.
Ne diabolisons pas les journalistes ! J’aime souligner le fait que les activités de chercheurs et de journalistes présentent de nombreux points communs. Après tout, le travail du scientifique ne consiste-t-il pas à enquêter auprès des grands « acteurs » du monde et des « stars » de l'Univers pour nous révéler leur vie, leurs interactions et leur intimité ? Et le journaliste ne doit-il pas lui aussi mener ses enquêtes avec objectivité, multiplier les preuves et recouper ses sources pour faire éclater « toute la vérité » ? Scientifiques et journalistes ne partagent-ils pas également le fait de rechercher l'exclusivité et de travailler dans l'urgence de la priorité intellectuelle ?
Du reste, la communication publique de la science ne doit pas se résumer à des actions vers les médias. Bien d'autres événements et possibilités existent ! Voir par exemple le site d'EUSCEA !
Je considère que, dans le contexte actuel, la science est incommunicable. Rarissimes sont les lieux ouverts à un vrai dialogue. La pléthore de référence à la communication masque en réalité un vide immense. La question fondamentale est donc la suivante : pourquoi ces paillettes, ce « bluff de la communication » ? Et pourquoi la société ne consacre-t-elle pas plus de moyens et surtout d’efforts à améliorer les conditions d’une vraie communication ?
Quelques sites intéressants :
la conférence Communicating European Research 2005, 2500 participants, Bruxelles, 14-15 novembre 2005,et le livre
le guide sur la communication que j'ai réalisé pour la Commission européenne
le réseau international PCST sur la communication publique de la science et de la technologie
un numéro spécial du magazine RDT info sur la communication de la science
le site de la Commission sur les Européens et la science (Eurobaromètre)
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